• Claude François Junior quitte Uccle pour s'installer au Portugal

    Et si Uccle n'était plus l'Eldorado des ressortissants français aisés ? A plusieurs sources, nous avons appris que Claude François Junior, fils de Cloclo, a quitté la commune du sud de la Région bruxelloise pour s'installer au Portugal. Un déménagement consécutif à son récent mariage avec Anne Floderer, amie et associée de toujours au sein de Flèche Productions, la société qui gère les droits à l'image de Claude François et produit des spectacles. La noce a eu lieu le 30 avril dernier à la maison communale d'Uccle.

    Mais depuis, donc, direction Lisbonne et ses 300 jours de soleil par an. Le couple met actuellement en vente sa maison et siège social de Flèche Productions, situé dans le quartier du Dieweg. Coût de la bâtisse d'environ 300 mètres carrés habitables (et hors terrain annexe) : plus d'un million d'euros. Comme confirme une des agences immobilières en charge de la vente du bien, "la société présente quitte cette adresse".

    Le siège de Flèche Productions reste à Bruxelles

    La nouvelle adresse du siège n'est pas encore connue. Selon l'entourage de Claude François Junior, Flèche Productions ne quitte pas Bruxelles et conserve également son siège parisien. Il n'empêche, le Portugal est connu pour proposer un régime fiscal avantageux aux résidents étrangers disposant de revenus issus de source étrangère. Objectif de cette très récente disposition pour le pays : attirer les fortunes capables de soutenir la croissance locale. L'entourage de Claude François Junior, 48 ans, dément en tout cas la moindre intention fiscale dans ce déménagement et parle d'une "expérience familiale" pour le couple et ses enfants.

    Si Bruxelles offrait une proximité géographique et culturelle avec la France, où la société Flèche Productions est particulièrement active, le Portugal n'est pas en reste, en dehors de la barrière de langue. Paris n'est qu'à deux heures et demi d'avion de la capitale lusitanienne. Concilier vie privée et contraintes professionnelles reste possible.

    Installé à Uccle depuis 2008

    Cela faisait près dix ans que Claude François Junior résidait à Uccle. Dans une interview à la DH en 2008, il expliquait au moment de son installation à Bruxelles : "J'avais envie de vivre d'une manière plus tranquille. Le rythme de la vie (en Belgique) est quand même différent de celui de Paris. (...) La diversité culturelle est beaucoup plus intéressante à Bruxelles. C'est une ville où existent d'excellents restaurants et de nombreux bars. Ce n'est pas que je sois un gros sorteur, mais ça rassure de savoir que des loisirs sont proposés près de chez soi."

    Rappelons que longtemps après sa naissance, Claude François Junior a été caché par son père aux yeux des médias et du public. Il en fut de même pour son petit frère Marc François.

    La société Flèche Productions a autorisé il y a quelques semaines la sortie de l'album de reprises de Claude François par Matt Pokora, "My way". Le disque est actuellement numéro 1 des ventes en France. Claude François Junior fait également en ce moment la promotion d'Hit-Parade, le spectacle rassemblant les hologrammes de légendes de la chanson française, comme Cloclo, Sacha Distel Mike Brant et Dalida.

    Uccle est connue pour abriter une importante communauté de Français (environ 9000, soit 10% de la population). Parmi ceux-ci, quelques personnalités comme l'animateur de télévision Français Arthur et l'une des premières fortunes françaises Bernard Arnault.


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  • VOICI UNE AUTRE ANECDOTE QUE J'AI TOUJOURS TROUVER DANS LE "LE POST ARCHIVES" DATANT TOUJOURS DU 11 MARS 2008

    Je me souviens parfaitement de ce 11 mars 1978... Je venais de garer ma Coccinelle sur le parking d'un hôtel à Megève, pour quelques jours de vacances. Il était 16 heures.

    Quand je suis arrivé à la réception, il y avait devant moi une jeune femme en pleurs. J'ai attendu quelques minutes avant de lui parler. J'étais littéralement pétrifié par son état.

    Elle sanglotait, tentait de prononcer quelques mots, sans que les sons sortent franchement de sa bouche.
    Je lui ai posé la main sur ses épaules, en lui demandant de bien vouloir s'asseoir sur un fauteuil, là... Je lui montrais un fauteuil en vieux cuir qui avait dû subir les attaques répétées du chat de la maison.

    J'étais très gêné. Peu à peu, la jeune femme s'est calmée. Elle reprenait ses esprits.

    Je me souviens de son regard, comme si c'était hier. Pourtant, déjà trente ans...

    C'était sûr, on venait de lui apprendre une nouvelle terrible. Le monde chancelait sous ses pieds. Ses yeux étaient sombres, son regard lointain. En reniflant, elle m'a crié : "Il est mort ! Il est mort ! Il est mort !"

    Et voilà que ma réceptionniste repartait de plus belle dans ses sanglots.
    Ce n'était pas son ami qui venait de mourir. C'était bien plus que cela...
    Elle a continué à me crier dessus : "Cloclo... Cloclo... Il est mort !"
    Elle s'est affalée sur le fauteuil.

    Puis subitement elle a été prise de convulsions... L'amie qui m'accompagnait est entrée à ce moment-là.
    Devant cette femme en pleine de crise de nerfs, elle a eu le geste que je ne pouvais pas faire : elle lui a balancé une claque magistrale.
    Une claque qui a résonné dans la réception de l'hôtel.

    C'est ainsi que j'ai appris la mort de Claude François. Il était mort quelques minutes avant cette scène d'hystérie. Une scène que je garde toujours en mémoire.
    Trente ans après.

    C'était un flash d'Europe 1 qui avait annoncé à la jeune réceptionniste la fin de son idole.


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  • Monty fit la grande tournée de 1964 avec Claude François. Il chanta en duo avec lui plusieurs fois les années suivantes.
    Écrite en collaboration avec son ami Michel Bourdais de Salut Les Copains et qui fut aussi le dessinateur de Claude François, Monty livre ses secrets dans son autobiographie, déjà en pré-vente aux éditions&co.
    Il nous invite dans les coulisses de ses collaborations avec Dalida, Sheila, Claude François, Eric Charden, Eddy Mitchell...
    Il dévoile, pour la première fois aussi, l'histoire surprenante et rocambolesque de l'indémodable hymne au ballon rond "Allez les Verts" dont il est l'auteur.
     
    "Ma vie en vert" raconte l'itinéraire d'un enfant d'après-guerre, passionné par la musique et le ballon des terrains de foot. On y découvre une vie pleine de fougue, de rencontres, de réussites et d'échecs, de bonheur et d'émotions.
     
    "Ma vie en vert" est un regard sur ces années "âge tendre", le témoignage d'un enfant de la balle et du ballon rond, entre showbiz et Chaudron (le stade de Saint-Étienne), tournées et épopées.
     
    On dit que ce sera l'événement de la rentrée littéraire. 
    Pour plus d'informations encore, suivre le lien :

    Les secrets de Monty dans son autobiographie :  "Ma vie en vert, du showbiz au chaudron"


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  • RENCONTRE AU SOMMET ...

    Claude François, Sylvie et Johnny Hallyday ne s'étaient pas trouvés réunis depuis plus de six mois ; il a fallu qu'intervinssent les hasards de la télévision pour qu'ils puissent de nouveau se rencontrer.

    Ils ont passé un après-midi entier, dans un studio de la rue Cognacq-Jay à Paris pour parler de leur projet mutuel et ... à jouer avec le train électrique géant que le réalisateur de l'émission avait fait construire à leur intention.

    C'est Johnny , parait-il qui fut le plus habile ...


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  • Le chanteur populaire est mort il y a trente-neuf ans jour pour jour en changeant une ampoule dans sa salle de bain. Que faut-il retenir du créateur de «Comme d'habitude» ? Philippe Chevallier, philosophe, s'est posé la question en décortiquant ses chansons.

    Philippe Chevallier : «Les chansons de Claude François sont aussi sérieuses que nos vies»

    Claude François, à Paris, le 16 décembre 1974 à Paris.

     

    Le 11 mars 1978, il y a trente-neuf ans, Claude François mourrait électrocuté, à 39 ans, et Libération titrait : «A volté». Un registre grinçant qui montrait l’importance que la rédaction et ses lecteurs, dont l’auteur de ces lignes, accordaient au chanteur populaire. Le reportage de Sorj Chalandon, qui deviendra grand reporter, n’avait pas l’ironie du petit texte introductif dans lequel il était dit que Claude François était la quatrième personnalité à mourir dans sa salle de bains après Maria Callas, Martine Carol et Maria Montez. Le reporter envoyé sur place, boulevard Exelmans dans le XVIe arrondissement de Paris, s’en tenait lui à un registre tendre et terminait son article sur le départ d’un couple venu aux nouvelles : «"On rentre, j’ai mal au pied", murmure l’homme. Alors, après un dernier coup d’œil plein de regret à la porte divine, la femme s’est laissée entraîner en répondant: "oui"». Mais ce qui restera, comme d’habitude, c’est ce titre cinglant introduisant une distance immense entre le journal et le chanteur.

    Philippe Chevallier : «Les chansons de Claude François sont aussi sérieuses que nos vies»

    Libération, Claude François ; Claude François, Libération, on peut le prendre dans un sens ou dans l’autre, ça ne fonctionne pas. Le journal aimait les sports populaires et les chanteurs engagés, mais pas les chanteurs populaires. Lui aimait les journaux dégagés de toute préoccupation politique comme Podium qu’il avait racheté pour parler de lui-même est de la génération des chanteurs yé-yé. Et puis, on a découvert à la page 7 de la chanson exactement. L'art difficile de Claude François, le livre que le philosophe Philippe Chevallier consacre à Cloclo l’exergue suivant : «"L’idole des moins de 10 ans", Libération, journal d’opinion». Il y avait là comme un vieux compte à régler.

    Question au spécialiste musique de la maison : «Claude François…» Le regard navré valait une réponse clairement exprimée, mais trop grossière pour être écrite. «Musicalement», regard perdu, navré. En route donc pour recueillir la défense de Philippe Chevallier auteur de Michel Foucault, le pouvoir de la bataille, sujet légitimé par excellence et tellement Libé. Pourquoi diable s’intéresser à Claude François quand on est installé – l’homme a 42 ans, un âge ou l’on n’ose plus, ou pas encore, remettre en cause sa réputation – ? «En mars 2012, quand Cloclo de Florent Siri est sorti, je me suis rendu compte que je n’avais plus prononcé le nom de Claude François depuis l’âge de 14 ans. Il y avait des noms illégitimes, condamnés, J’avais fait une amnésie complète.»

    Nourri à la pop anglaise, la soul, toute la Motown, les Supremes de Diana Ross, Marvin Gay, les Beatles («Je suis né avec les Beatles»), David Bowie, bref le rythme et le son magnifiés, quand «la chanson française, ce qu’on appelle la grande chanson française, se limite souvent à un texte porté par une voix parfois fausse». Jusque-là pas de fausse note. Alors il a décidé d’écouter et de réécouter Alexandrie Alexandra, le Lundi au soleil ou Rubis. Il a organisé des séances d’écoute avec deux musicologues éminents diplômés du Conservatoire national supérieur de musique de Paris. L’un accepte d’être cité, l’éloignement de son pays d’origine, la Corée du Sud, lui évitera la honte à vie. Il s’appelle Ko Shun-sun. Le second doit être français et préfère garder l’anonymat. Posant d’emblée le problème de la place de Cloclo de l’autre côté d’un mur de la honte. Une honte française. Nous avons choisi de soumettre Philippe Chevallier à un interrogatoire serré sur son travail d’archéologue fondé sur des analyses et sur des rencontres avec les musiciens qui avaient travaillé avec le créateur de Comme d'habitude.

    Comment peut-on sérieusement s’intéresser à Claude François ?

     

    Dans mon univers social et intellectuel, c’était comme un plaisir interdit. Quand j’entends à nouveau Claude François, en 2012, à la sortie de Cloclo, je m’aperçois que je ne l’ai pas écouté depuis mon adolescence. Il était illégitime de l’aimer, mais quand je tends l’oreille, je retrouve tout ce que j’ai aimé dans la chanson anglo-saxonne. Tout est en place, le son, le rythme, est parfaitement maîtrisé. Je me dis alors qu’il faut dépasser cette gêne, et accepter qu’une chanson de Claude François soit le produit d’un travail acharné et juste. Je me souviens de la chanson Reste que j’écoute sur YouTube. La tension est là, le rythme tenu, «verrouillé» comme disait un batteur de la Motown, d’un bout à l’autre des 3 minutes que dure la chanson et la clarté du propos est extraordinaire.

    Après, on essaye de comprendre pourquoi on a envie de la réécouter. J’ai été éduqué à une musique basée sur le rythme et sur le son, plutôt que sur la voix et le texte. Là, ça sonnait comme la Motown. C’était pro. Claude François se méfiait de la virtuosité et admirait la justesse et la rigueur des musiciens du studio américain. Ce côté très professionnel, il l’a imposé en France. D’ailleurs il sera le seul chanteur blanc à enregistrer là-bas, en 1971, avec les Funk Brothers qui assuraient la plupart des enregistrements. Un jour lors d’une répétition à l’Olympia, il reprend l’un de ses musiciens, un immense pianiste de jazz, qui se lâche un peu et perd ses moyens. Claude François l’interpelle : «Non, ça, c’est Miles [Davis, qu’il admirait], moi c’est Claude.» Claude François c’est l’art du contrôle absolu. On se tient à sa place.

    Miles Davis, c’est autre chose…

    Il n’est pas question de dire que la chanson populaire est un art majeur, il s’agit de comprendre pourquoi dans un art populaire on peut atteindre une perfection. C’est là que l’on découvre que Claude François était un travailleur acharné. Pas un concert, pas une télé, sans qu’il ne foudroie du regard le chef d’orchestre ou un musicien, pour une fausse note ou un retard. Il ne croyait qu’à une chose : le travail. Un jour, une petite fille lui demande ce qu’il faut faire pour devenir chanteur. J’insiste, il s’adresse à une enfant et là, il parle du travail : «Il faut apprendre le solfège, ça prend des années, il faut apprendre la musique après le solfège… Il faut pendant de longues années apprendre à chanter… Ça va être très compliqué…» J’en reviens à cet aspect de Claude François, le travail, le parfait calage de chaque élément, parce que c’est essentiel pour comprendre ce que je veux dire.

    Je suis saturé de la pop philo, cette philosophie qui consiste à se pencher avec une certaine condescendance sur les arts mineurs, sur les arts populaires qui débouche bien souvent sur l’éloge de la médiocrité. Avec Claude François s’accomplit dans la culture francophone, ce que j’appelle «la forme moyenne». Moyen est évidemment proche de médiocre en français, mais Aristote l’a fait remarquer : le moyen terme, le meson en grec, n’est pas seulement un milieu, il est aussi un sommet. Toute disposition, librement acquise, qui réussit à se tenir à distance des extrêmes et demeurer en ce point d’équilibre est une ligne de crête. Les Anglais disent : «in the middle of the road». On peut écouter les maquettes des enregistrements en studio pour trouver des digressions, des tentatives musicales qui auraient pu séduire l’intelligentsia, mais il les gommait finalement parce que ça ne cadrait pas avec sa conception de la chanson. Quand on cherche, on peut partir un peu à gauche, à droite, mais après on rentre dans le rang, on resserre. A la Motown, une chanson devait passer au contrôle qualité, comme une pièce à l’usine. Claude François imposait cette rigueur.

    Mais c’est une musique commerciale ?

    Si seulement ! Commercial, cela sous-entend qu’une chanson est faite, écrite, composée, enregistrée pour suivre l’air du temps. Je ne sais pas ce que c’est que l’air du temps, mais je sais que les grands succès dont on parle n’ont pas été les succès que l’on imagine. Comme d'habitude a mis plusieurs semaines pour arriver au top des hit-parades qu’elle a quitté presque aussitôt. Chanson populaire, au début, ça ne marche pas…

    C’est un copieur, un adaptateur…

    Oui, bien sûr, les deux tiers de son répertoire sont des reprises. Comme dans le jazz, où il a fait ses premières armes. Mais il sait repérer les forces et les faiblesses d’une chanson, il change toujours deux ou trois détails et il la dynamise. Je vais à Rio est un bon exemple. C’est au départ une scie qu’il transforme, avec son arrangeur Jean-Claude Petit, en bombe à rythme. Souvent, les adaptations sont meilleures que l’original. Là où il se retrouve coincé, c’est avec les reprises de la Motown, il ne peut pas faire mieux, alors c’est juste pour le plaisir de la reprise. Et puis n’oublions pas à propos de reprise qu’il a créé Comme d'habitude, qui reste l’une des chansons les plus reprises du répertoire francophone avec My Way.

    Les paroles sont mièvres…

    C’est très exactement l’inverse de ce que l’on croit. Ce qu’on peut leur reprocher c’est d’être trop sérieuses. C’est d’ailleurs ce que reprochera Gilles Deleuze à une certaine chanson populaire. Les chansons de Claude François sont aussi sérieuses que nos vies. Dans le Lundi au soleil, un couple se quitte le matin, chacun va travailler de son côté, on sent l’angoisse sourde, ça colle à nos vies. Écoutez Comme d'habitude : un couple se hait et se déchire en silence, ça n’a rien d’une petite chanson mièvre.

    Paradoxalement, quand il va chercher Etienne Roda-Gil, le parolier de Julien Clerc, pour Alexandrie Alexandra, Magnolias for Ever, Rubis, Claude François prend un parolier intello, reconnu, légitime. Ces trois chansons vont être considérées comme le sommet des chansons de Claude François en termes de paroles. Mais en fait, c’est une catastrophe. Ça fait chic, mais ce n’est pas sérieux. Magnolias For 
    Ever, c’est la pire. Ça sonne bien, mais ça ne veut rien dire. Finalement je ne sais pas d’où vient cette réputation de paroles idiotes. Joue quelque chose de simple, c’est une chanson sur la dépression, il parle de l’ami qui vient partager un moment difficile. Écoutez, Chanteur malheureux... Cette idée qu’il y aurait comme «un air du temps» qu’il suffirait de capter, ou un désir qui correspondrait au «désir du public», est une illusion. Alors il produisait beaucoup, oui, Claude François était «productiviste», précisément parce qu’il ne savait pas à l’avance ce qui allait marcher.

    C’est peut-être à cause des paillettes, de l’emballage ?

    Ah, les paillettes. Les paillettes sont là pour cacher le travail. Pour attirer l’œil et dissimuler la dépense d’énergie. A la télé française, cette dépense d’énergie ça ne passe pas, car il fallait mettre de la légèreté. Et ça ne marche pas. Regardez n’importe quelle télé de Cloclo, vous verrez la tension de son visage. A propos des tenues, on se moque de celles Claude François et des Claudettes, mais c’était aussi l’époque de Bowie et du glam rock. Etait-ce plus ridicule ? Je ne sais pas.

    Les Claudettes c’est consternant !

    Le sujet de mon livre est la musique, les conditions de production de la musique et je ne me suis pas intéressé à cet aspect du personnage qui a été beaucoup traité par ailleurs. Cloclo et les femmes, je n’ai aucune opinion. Mais, à propos des Claudettes, ce qui me frappe, c’est la multi-ethnicité (voir les Claudettes en version sobre So near and yet so far). Pour la télévision française c’était quelque chose de révolutionnaire et de très important pour lui. Et encore aujourd’hui, vous en voyez beaucoup des femmes de couleur à la télévision française ? Peu, ou pas. C’est sa manière à lui d’être engagé. Il aimait dire «nous, les Africains», car il était petit blanc né en Égypte. A l’époque la musique noire, la soul music, c’était quelques clubs à Paris, pratiquement personne en France ne connaissait la Motown. Quand il dit «nous les Africains», c’était un engagement et une conviction.

    Claude François, chanteur de gauche ?

    Non, évidemment non. Ce serait ridicule. Il n’a jamais joué la carte du chanteur engagé. En revanche, à sa manière, «he was black, he was proud», il s’engageait.

    S’il ne faut écouter qu’une seule chanson ?

    Je ne vais pas aller chercher la chanson sur laquelle des élèves du conservatoire vont vous expliquer que c’est du Purcell (Comme d'habitude). Je défends le Lundi au soleil. C’est une chanson qui a tout pour elle. En apparence, il n’y a rien de remarquable dans son écriture. Mais c’est la perfection de la mise en place : les mots, les instruments, les timbres. C’est la forme moyenne absolue.


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  • Mike Brant, Claude François et Dalida ressuscitent grâce à une prouesse technologique. Ces artistes sont à nouveau sur scène grâce à des hologrammes.

    C'est une prouesse technologique. Elle nous ramène en 1975, au cœur d'un show télé avec les vedettes de l'époque. Claude François, Mike Brant, Sacha Distel et Dalida, quasiment ressuscités par des hologrammes. À une semaine de la première au palais des congrès, le créateur et producteur du spectacle "Hit-Parade" est un peu stressé. Car tout s'accélère à commencer par la livraison des hologrammes définitifs. Ils ont été conçus par une société spécialisée dans l'animation 3D.

    "On a fait de la sculpture virtuelle"

    "Ce ne sont pas des images d'archives qui ont été passées en hologramme pour le spectacle. On a dû reconstruire Claude François, modéliser son visage avec des outils informatiques. On a fait de la sculpture virtuelle pour obtenir le Claude François le plus ressemblant possible", explique Rodolphe Chabrier, président de la société Mac Guff. Un avatar en quelque sorte qu'il a fallu animer grâce une doublure bardée de capteurs, capables d'enregistrer les chorégraphies, mais aussi toutes les expressions faciales.


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  • Claude François, Dalida, Mike Brant et Sacha Distel remontent sur scène

    L'impossible rêve de certains fans va être exaucé: Claude François, Dalida, Mike Brant et Sacha Distel remonteront sur scène début janvier... sous forme d'hologrammes dans un spectacle inédit, qui mêle nostalgie et prouesse technologique.

     

    Quatorze tubes

    1975. La couleur s'installe à la télévision. Claude François enregistre une émission en direct où il convie trois autres artistes. Tel est le point de départ de "Hit Parade", qui compte égrener quatorze tubes, dont "Cette année-là", "Gigi l'amoroso", "Qui saura" ou "Toute la pluie tombe sur moi".

    Numéros musicaux et chorégraphies sont au programme pendant près de 1H45, avec des hologrammes et des artistes bien vivants, notamment des danseurs.

    Coût de l'ensemble: plus de six millions d'euros. Des contacts ont été pris il y a plus de deux ans auprès des ayants droit pour réunir ces quatre têtes d'affiche. Les fils de Joe Dassin, également approchés, ont pour leur part décliné.


    La tendance des hologrammes

    L'industrie musicale s'intéresse de plus en plus aux hologrammes. Dès 2009, Céline Dion a chanté "en duo" avec Elvis Presley pendant l'émission "American Idol". Mais c'est avec l'apparition du rappeur américain Tupac Shakur, assassiné en 1996 lors du festival californien Coachella, que la vogue des hologrammes est entrée dans une nouvelle dimension trois ans plus tard. En 2014, Michael Jackson est ainsi réapparu le temps d'une chanson lors de la cérémonie des Billboard Music Awards.

    Mais "Hit Parade" se veut une première mondiale en réunissant quatre stars disparues pendant tout un spectacle.

    "Pour moi, il y aura un avant et un après", estime le metteur en scène du spectacle Gregory Antoine. "On tente de recréer l'émotion donc il faut prêter attention à l'expression corporelle", souligne-t-il, citant notamment la gestuelle de Dalida, difficile à restituer.


    Défi technologique

    Pour faire revivre ce carré d'as de la chanson des années 70, à la forte présence scénique, les équipes ont fait appel au studio français Mac Guff (à l'origine du film "Moi, moche et méchant" et des célèbres personnages jaunes, les Minions).

    Deux technologies ont été utilisées: le "motion capture" qui a permis de recréer des visages expressifs et en trois dimensions, comme dans le film "Avatar", et une doublure pour le corps, grâce à des sosies corporels aux mêmes mensurations que les artistes disparus.

    A cela s'ajoute le recours à des caméras de très haute définition, promettant une définition douze fois supérieure à celle d'un film de cinéma.


    Un rêve de fans ?

    "Il y a un noyau de fans qui n'iront jamais voir un tel spectacle mais je trouve que c'est une super idée car la technologie permettra de faire revivre les artistes pour ceux qui n'ont jamais pu les voir", estime, enthousiaste, Julien Lescure, propriétaire du moulin de Dannemois, l'ancienne maison de Claude François.

    Seule crainte: qu'il y ait "moins de vie que dans un véritable spectacle", indique celui qui n'a jamais vu Claude François (mort en 1978) en concert. "Comme dans un film, il n'y a pas d'interaction avec le public. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'émotion", relève-t-il.

    "Hit Parade", à partir du 12 janvier au palais des Congrès à Paris, suivi d'une tournée en avril en France, en Suisse et en Belgique.


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