• Conducteur Manuscrit Claude Francois exclusif

    Conducteur manuscrit par Claude d'une séance d'enregistrement datant du 18 novembre 1970 à Londres.
    Ce jour là Patrick Topaloff a notamment enregistré "J'ai bien mangé, j'ai bien bu" qui est devenu un grand succès.


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  • Claude François : France Gall, Isabelle Forêt… qui étaient les femmes de sa vie?

    Une partie de ses histoires d'amour sont abor­dées dans le film "Cloclo". France Gall, Isabelle Forêt, Sofia Kiuk­ko­nen… qui sont les femmes qui ont partagé la vie de Claude François, icône française des années 70 ?

     

    Si Claude François n’avait pas quitté son poste d’em­ployé de banque, il n’au­rait peut-être pas connu le succès sur scène et ces femmes merveilleuses qui l’ont accom­pa­gné au cours de sa carrière. Lorsqu'il intègre l’or­chestre de Marcel Blan­chi, à l’hô­tel Provençal de Juan-les-Pins en 1959, il fait vite la connais­sance de Jane Wool­la­cott. Celle-ci, née à Nottin­gham­shire au Royaume-Uni, est danseuse. Ils tombent amou­reux l'un de l'autre au cours d'une soirée à Monte-Carlo. Très vite, leur histoire appa­rait comme une évidence et ils se marient, en novembre 1960. Mais petit à petit, des tensions surviennent dans le couple. Le chan­teur est jaloux et posses­sif, et Jane Wool­la­cott a besoin de distance. Elle le quitte deux ans plus tard pour les beaux yeux d’un autre homme. Un certain Gilbert bécaud, qui, lui aussi, ne vit que pour la chan­son.

    Le temps passe et Claude François connaît ses premières soirées sous les projec­teurs. Le public appré­cie ses chansons et entame le fameux refrain de Belles, Belles, Belles. Il prend de l’ai­sance sur la scène de l’Olym­pia et gagne la confiance de ses fans. Une seconde femme appa­raît dans la vie de l’ar­tiste. Il s’agit de la jolie France Gall, alors âgée de 17 ans. Le beau duo entame une rela­tion secrète pendant trois ans. Mais ses mauvais traits de carac­tère réap­pa­raissent. Il l’op­presse, l’em­pêche de jouer avec Alain Delon au cinéma, surveille ses faits et gestes. Sa compagne, dispu­tée à plusieurs reprises, se sent oppres­sée. Elle prend le large. « Claude n’était pas quelqu’un de facile. Personne n’était heureux autour de lui », confiera t-elle à France Dimanche en 2015. La rupture est donc doulou­reuse.

    Claude François, lui, conti­nue sur sa lancée musi­cale. Lors d’un gala à Lyon il est charmé par la belle Isabelle Forêt. Elle aussi est danseu­se… Ils s’aiment d’un amour fort et fondent même une famille. Le couple a deux enfants, Claude François Junior et Marc François, qui naissent en 1968 et 1969 à Neuilly et Paris. Malheu­reu­se­ment, l’époux est infi­dèle. La flamme vacille et les amants se quittent. On ne les verra plus ensemble à partir de 1974. Elle se rema­rie par la suite. 

    Claude François vire­volte vers d’autres parte­naires. Il a des vues sur Dany Saval mais celle-ci s'éprend finalement de Michel Drucker sur un plateau de télé­vi­sion. Il s’af­fiche quelque temps plus tard au bras du mannequin finlan­dais Sofia Kiuk­ko­nen. Tout se déroule pour le mieux jusqu’à ce que la ques­tion de fonder une famille pose problème. Le chan­teur ne voulait pas d’en­fants avec elle, ayant déjà la respon­sa­bi­lité de ses deux fils. Elle le quitte en 1976. "Je n’ou­blie­rai jamais le jour où Chouffa, la mère de Claude François, m’a révélé que son fils n’avait pas un enfant, mais deux !", expliquait-elle a Paris Match en 2008. Une énorme trahi­son dont elle ne s'est jamais remise, sans comp­ter le fait qu'elle croi­sait les maitresses de son compa­gnon sur le palier…

    Pour noyer son chagrin, l’ar­tiste se réfu­gie encore dans ses compo­si­tions. Il rencontre Katha­lyn Jones à l’hi­ver 1976, mannequin d’ori­gine cali­for­nienne. Elle l’ins­pire pour chan­ter C'est comme ça que l'on s'est aimé, partage sa passion et enre­gistre même des morceaux à ses côtés. C'est elle, qui, à 23 ans, le 11 mars 1978, retrouve son mari inanimé dans sa baignoire à Paris. Ce jour-là, il ne reverra plus jamais ses proches et ses Clodettes. Le monde de la musique devra faire son deuil.

     


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  • Claude François Junior quitte Uccle pour s'installer au Portugal

    Et si Uccle n'était plus l'Eldorado des ressortissants français aisés ? A plusieurs sources, nous avons appris que Claude François Junior, fils de Cloclo, a quitté la commune du sud de la Région bruxelloise pour s'installer au Portugal. Un déménagement consécutif à son récent mariage avec Anne Floderer, amie et associée de toujours au sein de Flèche Productions, la société qui gère les droits à l'image de Claude François et produit des spectacles. La noce a eu lieu le 30 avril dernier à la maison communale d'Uccle.

    Mais depuis, donc, direction Lisbonne et ses 300 jours de soleil par an. Le couple met actuellement en vente sa maison et siège social de Flèche Productions, situé dans le quartier du Dieweg. Coût de la bâtisse d'environ 300 mètres carrés habitables (et hors terrain annexe) : plus d'un million d'euros. Comme confirme une des agences immobilières en charge de la vente du bien, "la société présente quitte cette adresse".

    Le siège de Flèche Productions reste à Bruxelles

    La nouvelle adresse du siège n'est pas encore connue. Selon l'entourage de Claude François Junior, Flèche Productions ne quitte pas Bruxelles et conserve également son siège parisien. Il n'empêche, le Portugal est connu pour proposer un régime fiscal avantageux aux résidents étrangers disposant de revenus issus de source étrangère. Objectif de cette très récente disposition pour le pays : attirer les fortunes capables de soutenir la croissance locale. L'entourage de Claude François Junior, 48 ans, dément en tout cas la moindre intention fiscale dans ce déménagement et parle d'une "expérience familiale" pour le couple et ses enfants.

    Si Bruxelles offrait une proximité géographique et culturelle avec la France, où la société Flèche Productions est particulièrement active, le Portugal n'est pas en reste, en dehors de la barrière de langue. Paris n'est qu'à deux heures et demi d'avion de la capitale lusitanienne. Concilier vie privée et contraintes professionnelles reste possible.

    Installé à Uccle depuis 2008

    Cela faisait près dix ans que Claude François Junior résidait à Uccle. Dans une interview à la DH en 2008, il expliquait au moment de son installation à Bruxelles : "J'avais envie de vivre d'une manière plus tranquille. Le rythme de la vie (en Belgique) est quand même différent de celui de Paris. (...) La diversité culturelle est beaucoup plus intéressante à Bruxelles. C'est une ville où existent d'excellents restaurants et de nombreux bars. Ce n'est pas que je sois un gros sorteur, mais ça rassure de savoir que des loisirs sont proposés près de chez soi."

    Rappelons que longtemps après sa naissance, Claude François Junior a été caché par son père aux yeux des médias et du public. Il en fut de même pour son petit frère Marc François.

    La société Flèche Productions a autorisé il y a quelques semaines la sortie de l'album de reprises de Claude François par Matt Pokora, "My way". Le disque est actuellement numéro 1 des ventes en France. Claude François Junior fait également en ce moment la promotion d'Hit-Parade, le spectacle rassemblant les hologrammes de légendes de la chanson française, comme Cloclo, Sacha Distel Mike Brant et Dalida.

    Uccle est connue pour abriter une importante communauté de Français (environ 9000, soit 10% de la population). Parmi ceux-ci, quelques personnalités comme l'animateur de télévision Français Arthur et l'une des premières fortunes françaises Bernard Arnault.


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  • VOICI UNE AUTRE ANECDOTE QUE J'AI TOUJOURS TROUVER DANS LE "LE POST ARCHIVES" DATANT TOUJOURS DU 11 MARS 2008

    Je me souviens parfaitement de ce 11 mars 1978... Je venais de garer ma Coccinelle sur le parking d'un hôtel à Megève, pour quelques jours de vacances. Il était 16 heures.

    Quand je suis arrivé à la réception, il y avait devant moi une jeune femme en pleurs. J'ai attendu quelques minutes avant de lui parler. J'étais littéralement pétrifié par son état.

    Elle sanglotait, tentait de prononcer quelques mots, sans que les sons sortent franchement de sa bouche.
    Je lui ai posé la main sur ses épaules, en lui demandant de bien vouloir s'asseoir sur un fauteuil, là... Je lui montrais un fauteuil en vieux cuir qui avait dû subir les attaques répétées du chat de la maison.

    J'étais très gêné. Peu à peu, la jeune femme s'est calmée. Elle reprenait ses esprits.

    Je me souviens de son regard, comme si c'était hier. Pourtant, déjà trente ans...

    C'était sûr, on venait de lui apprendre une nouvelle terrible. Le monde chancelait sous ses pieds. Ses yeux étaient sombres, son regard lointain. En reniflant, elle m'a crié : "Il est mort ! Il est mort ! Il est mort !"

    Et voilà que ma réceptionniste repartait de plus belle dans ses sanglots.
    Ce n'était pas son ami qui venait de mourir. C'était bien plus que cela...
    Elle a continué à me crier dessus : "Cloclo... Cloclo... Il est mort !"
    Elle s'est affalée sur le fauteuil.

    Puis subitement elle a été prise de convulsions... L'amie qui m'accompagnait est entrée à ce moment-là.
    Devant cette femme en pleine de crise de nerfs, elle a eu le geste que je ne pouvais pas faire : elle lui a balancé une claque magistrale.
    Une claque qui a résonné dans la réception de l'hôtel.

    C'est ainsi que j'ai appris la mort de Claude François. Il était mort quelques minutes avant cette scène d'hystérie. Une scène que je garde toujours en mémoire.
    Trente ans après.

    C'était un flash d'Europe 1 qui avait annoncé à la jeune réceptionniste la fin de son idole.


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  • Monty fit la grande tournée de 1964 avec Claude François. Il chanta en duo avec lui plusieurs fois les années suivantes.
    Écrite en collaboration avec son ami Michel Bourdais de Salut Les Copains et qui fut aussi le dessinateur de Claude François, Monty livre ses secrets dans son autobiographie, déjà en pré-vente aux éditions&co.
    Il nous invite dans les coulisses de ses collaborations avec Dalida, Sheila, Claude François, Eric Charden, Eddy Mitchell...
    Il dévoile, pour la première fois aussi, l'histoire surprenante et rocambolesque de l'indémodable hymne au ballon rond "Allez les Verts" dont il est l'auteur.
     
    "Ma vie en vert" raconte l'itinéraire d'un enfant d'après-guerre, passionné par la musique et le ballon des terrains de foot. On y découvre une vie pleine de fougue, de rencontres, de réussites et d'échecs, de bonheur et d'émotions.
     
    "Ma vie en vert" est un regard sur ces années "âge tendre", le témoignage d'un enfant de la balle et du ballon rond, entre showbiz et Chaudron (le stade de Saint-Étienne), tournées et épopées.
     
    On dit que ce sera l'événement de la rentrée littéraire. 
    Pour plus d'informations encore, suivre le lien :

    Les secrets de Monty dans son autobiographie :  "Ma vie en vert, du showbiz au chaudron"


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  • RENCONTRE AU SOMMET ...

    Claude François, Sylvie et Johnny Hallyday ne s'étaient pas trouvés réunis depuis plus de six mois ; il a fallu qu'intervinssent les hasards de la télévision pour qu'ils puissent de nouveau se rencontrer.

    Ils ont passé un après-midi entier, dans un studio de la rue Cognacq-Jay à Paris pour parler de leur projet mutuel et ... à jouer avec le train électrique géant que le réalisateur de l'émission avait fait construire à leur intention.

    C'est Johnny , parait-il qui fut le plus habile ...


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  • Le chanteur populaire est mort il y a trente-neuf ans jour pour jour en changeant une ampoule dans sa salle de bain. Que faut-il retenir du créateur de «Comme d'habitude» ? Philippe Chevallier, philosophe, s'est posé la question en décortiquant ses chansons.

    Philippe Chevallier : «Les chansons de Claude François sont aussi sérieuses que nos vies»

    Claude François, à Paris, le 16 décembre 1974 à Paris.

     

    Le 11 mars 1978, il y a trente-neuf ans, Claude François mourrait électrocuté, à 39 ans, et Libération titrait : «A volté». Un registre grinçant qui montrait l’importance que la rédaction et ses lecteurs, dont l’auteur de ces lignes, accordaient au chanteur populaire. Le reportage de Sorj Chalandon, qui deviendra grand reporter, n’avait pas l’ironie du petit texte introductif dans lequel il était dit que Claude François était la quatrième personnalité à mourir dans sa salle de bains après Maria Callas, Martine Carol et Maria Montez. Le reporter envoyé sur place, boulevard Exelmans dans le XVIe arrondissement de Paris, s’en tenait lui à un registre tendre et terminait son article sur le départ d’un couple venu aux nouvelles : «"On rentre, j’ai mal au pied", murmure l’homme. Alors, après un dernier coup d’œil plein de regret à la porte divine, la femme s’est laissée entraîner en répondant: "oui"». Mais ce qui restera, comme d’habitude, c’est ce titre cinglant introduisant une distance immense entre le journal et le chanteur.

    Philippe Chevallier : «Les chansons de Claude François sont aussi sérieuses que nos vies»

    Libération, Claude François ; Claude François, Libération, on peut le prendre dans un sens ou dans l’autre, ça ne fonctionne pas. Le journal aimait les sports populaires et les chanteurs engagés, mais pas les chanteurs populaires. Lui aimait les journaux dégagés de toute préoccupation politique comme Podium qu’il avait racheté pour parler de lui-même est de la génération des chanteurs yé-yé. Et puis, on a découvert à la page 7 de la chanson exactement. L'art difficile de Claude François, le livre que le philosophe Philippe Chevallier consacre à Cloclo l’exergue suivant : «"L’idole des moins de 10 ans", Libération, journal d’opinion». Il y avait là comme un vieux compte à régler.

    Question au spécialiste musique de la maison : «Claude François…» Le regard navré valait une réponse clairement exprimée, mais trop grossière pour être écrite. «Musicalement», regard perdu, navré. En route donc pour recueillir la défense de Philippe Chevallier auteur de Michel Foucault, le pouvoir de la bataille, sujet légitimé par excellence et tellement Libé. Pourquoi diable s’intéresser à Claude François quand on est installé – l’homme a 42 ans, un âge ou l’on n’ose plus, ou pas encore, remettre en cause sa réputation – ? «En mars 2012, quand Cloclo de Florent Siri est sorti, je me suis rendu compte que je n’avais plus prononcé le nom de Claude François depuis l’âge de 14 ans. Il y avait des noms illégitimes, condamnés, J’avais fait une amnésie complète.»

    Nourri à la pop anglaise, la soul, toute la Motown, les Supremes de Diana Ross, Marvin Gay, les Beatles («Je suis né avec les Beatles»), David Bowie, bref le rythme et le son magnifiés, quand «la chanson française, ce qu’on appelle la grande chanson française, se limite souvent à un texte porté par une voix parfois fausse». Jusque-là pas de fausse note. Alors il a décidé d’écouter et de réécouter Alexandrie Alexandra, le Lundi au soleil ou Rubis. Il a organisé des séances d’écoute avec deux musicologues éminents diplômés du Conservatoire national supérieur de musique de Paris. L’un accepte d’être cité, l’éloignement de son pays d’origine, la Corée du Sud, lui évitera la honte à vie. Il s’appelle Ko Shun-sun. Le second doit être français et préfère garder l’anonymat. Posant d’emblée le problème de la place de Cloclo de l’autre côté d’un mur de la honte. Une honte française. Nous avons choisi de soumettre Philippe Chevallier à un interrogatoire serré sur son travail d’archéologue fondé sur des analyses et sur des rencontres avec les musiciens qui avaient travaillé avec le créateur de Comme d'habitude.

    Comment peut-on sérieusement s’intéresser à Claude François ?

     

    Dans mon univers social et intellectuel, c’était comme un plaisir interdit. Quand j’entends à nouveau Claude François, en 2012, à la sortie de Cloclo, je m’aperçois que je ne l’ai pas écouté depuis mon adolescence. Il était illégitime de l’aimer, mais quand je tends l’oreille, je retrouve tout ce que j’ai aimé dans la chanson anglo-saxonne. Tout est en place, le son, le rythme, est parfaitement maîtrisé. Je me dis alors qu’il faut dépasser cette gêne, et accepter qu’une chanson de Claude François soit le produit d’un travail acharné et juste. Je me souviens de la chanson Reste que j’écoute sur YouTube. La tension est là, le rythme tenu, «verrouillé» comme disait un batteur de la Motown, d’un bout à l’autre des 3 minutes que dure la chanson et la clarté du propos est extraordinaire.

    Après, on essaye de comprendre pourquoi on a envie de la réécouter. J’ai été éduqué à une musique basée sur le rythme et sur le son, plutôt que sur la voix et le texte. Là, ça sonnait comme la Motown. C’était pro. Claude François se méfiait de la virtuosité et admirait la justesse et la rigueur des musiciens du studio américain. Ce côté très professionnel, il l’a imposé en France. D’ailleurs il sera le seul chanteur blanc à enregistrer là-bas, en 1971, avec les Funk Brothers qui assuraient la plupart des enregistrements. Un jour lors d’une répétition à l’Olympia, il reprend l’un de ses musiciens, un immense pianiste de jazz, qui se lâche un peu et perd ses moyens. Claude François l’interpelle : «Non, ça, c’est Miles [Davis, qu’il admirait], moi c’est Claude.» Claude François c’est l’art du contrôle absolu. On se tient à sa place.

    Miles Davis, c’est autre chose…

    Il n’est pas question de dire que la chanson populaire est un art majeur, il s’agit de comprendre pourquoi dans un art populaire on peut atteindre une perfection. C’est là que l’on découvre que Claude François était un travailleur acharné. Pas un concert, pas une télé, sans qu’il ne foudroie du regard le chef d’orchestre ou un musicien, pour une fausse note ou un retard. Il ne croyait qu’à une chose : le travail. Un jour, une petite fille lui demande ce qu’il faut faire pour devenir chanteur. J’insiste, il s’adresse à une enfant et là, il parle du travail : «Il faut apprendre le solfège, ça prend des années, il faut apprendre la musique après le solfège… Il faut pendant de longues années apprendre à chanter… Ça va être très compliqué…» J’en reviens à cet aspect de Claude François, le travail, le parfait calage de chaque élément, parce que c’est essentiel pour comprendre ce que je veux dire.

    Je suis saturé de la pop philo, cette philosophie qui consiste à se pencher avec une certaine condescendance sur les arts mineurs, sur les arts populaires qui débouche bien souvent sur l’éloge de la médiocrité. Avec Claude François s’accomplit dans la culture francophone, ce que j’appelle «la forme moyenne». Moyen est évidemment proche de médiocre en français, mais Aristote l’a fait remarquer : le moyen terme, le meson en grec, n’est pas seulement un milieu, il est aussi un sommet. Toute disposition, librement acquise, qui réussit à se tenir à distance des extrêmes et demeurer en ce point d’équilibre est une ligne de crête. Les Anglais disent : «in the middle of the road». On peut écouter les maquettes des enregistrements en studio pour trouver des digressions, des tentatives musicales qui auraient pu séduire l’intelligentsia, mais il les gommait finalement parce que ça ne cadrait pas avec sa conception de la chanson. Quand on cherche, on peut partir un peu à gauche, à droite, mais après on rentre dans le rang, on resserre. A la Motown, une chanson devait passer au contrôle qualité, comme une pièce à l’usine. Claude François imposait cette rigueur.

    Mais c’est une musique commerciale ?

    Si seulement ! Commercial, cela sous-entend qu’une chanson est faite, écrite, composée, enregistrée pour suivre l’air du temps. Je ne sais pas ce que c’est que l’air du temps, mais je sais que les grands succès dont on parle n’ont pas été les succès que l’on imagine. Comme d'habitude a mis plusieurs semaines pour arriver au top des hit-parades qu’elle a quitté presque aussitôt. Chanson populaire, au début, ça ne marche pas…

    C’est un copieur, un adaptateur…

    Oui, bien sûr, les deux tiers de son répertoire sont des reprises. Comme dans le jazz, où il a fait ses premières armes. Mais il sait repérer les forces et les faiblesses d’une chanson, il change toujours deux ou trois détails et il la dynamise. Je vais à Rio est un bon exemple. C’est au départ une scie qu’il transforme, avec son arrangeur Jean-Claude Petit, en bombe à rythme. Souvent, les adaptations sont meilleures que l’original. Là où il se retrouve coincé, c’est avec les reprises de la Motown, il ne peut pas faire mieux, alors c’est juste pour le plaisir de la reprise. Et puis n’oublions pas à propos de reprise qu’il a créé Comme d'habitude, qui reste l’une des chansons les plus reprises du répertoire francophone avec My Way.

    Les paroles sont mièvres…

    C’est très exactement l’inverse de ce que l’on croit. Ce qu’on peut leur reprocher c’est d’être trop sérieuses. C’est d’ailleurs ce que reprochera Gilles Deleuze à une certaine chanson populaire. Les chansons de Claude François sont aussi sérieuses que nos vies. Dans le Lundi au soleil, un couple se quitte le matin, chacun va travailler de son côté, on sent l’angoisse sourde, ça colle à nos vies. Écoutez Comme d'habitude : un couple se hait et se déchire en silence, ça n’a rien d’une petite chanson mièvre.

    Paradoxalement, quand il va chercher Etienne Roda-Gil, le parolier de Julien Clerc, pour Alexandrie Alexandra, Magnolias for Ever, Rubis, Claude François prend un parolier intello, reconnu, légitime. Ces trois chansons vont être considérées comme le sommet des chansons de Claude François en termes de paroles. Mais en fait, c’est une catastrophe. Ça fait chic, mais ce n’est pas sérieux. Magnolias For 
    Ever, c’est la pire. Ça sonne bien, mais ça ne veut rien dire. Finalement je ne sais pas d’où vient cette réputation de paroles idiotes. Joue quelque chose de simple, c’est une chanson sur la dépression, il parle de l’ami qui vient partager un moment difficile. Écoutez, Chanteur malheureux... Cette idée qu’il y aurait comme «un air du temps» qu’il suffirait de capter, ou un désir qui correspondrait au «désir du public», est une illusion. Alors il produisait beaucoup, oui, Claude François était «productiviste», précisément parce qu’il ne savait pas à l’avance ce qui allait marcher.

    C’est peut-être à cause des paillettes, de l’emballage ?

    Ah, les paillettes. Les paillettes sont là pour cacher le travail. Pour attirer l’œil et dissimuler la dépense d’énergie. A la télé française, cette dépense d’énergie ça ne passe pas, car il fallait mettre de la légèreté. Et ça ne marche pas. Regardez n’importe quelle télé de Cloclo, vous verrez la tension de son visage. A propos des tenues, on se moque de celles Claude François et des Claudettes, mais c’était aussi l’époque de Bowie et du glam rock. Etait-ce plus ridicule ? Je ne sais pas.

    Les Claudettes c’est consternant !

    Le sujet de mon livre est la musique, les conditions de production de la musique et je ne me suis pas intéressé à cet aspect du personnage qui a été beaucoup traité par ailleurs. Cloclo et les femmes, je n’ai aucune opinion. Mais, à propos des Claudettes, ce qui me frappe, c’est la multi-ethnicité (voir les Claudettes en version sobre So near and yet so far). Pour la télévision française c’était quelque chose de révolutionnaire et de très important pour lui. Et encore aujourd’hui, vous en voyez beaucoup des femmes de couleur à la télévision française ? Peu, ou pas. C’est sa manière à lui d’être engagé. Il aimait dire «nous, les Africains», car il était petit blanc né en Égypte. A l’époque la musique noire, la soul music, c’était quelques clubs à Paris, pratiquement personne en France ne connaissait la Motown. Quand il dit «nous les Africains», c’était un engagement et une conviction.

    Claude François, chanteur de gauche ?

    Non, évidemment non. Ce serait ridicule. Il n’a jamais joué la carte du chanteur engagé. En revanche, à sa manière, «he was black, he was proud», il s’engageait.

    S’il ne faut écouter qu’une seule chanson ?

    Je ne vais pas aller chercher la chanson sur laquelle des élèves du conservatoire vont vous expliquer que c’est du Purcell (Comme d'habitude). Je défends le Lundi au soleil. C’est une chanson qui a tout pour elle. En apparence, il n’y a rien de remarquable dans son écriture. Mais c’est la perfection de la mise en place : les mots, les instruments, les timbres. C’est la forme moyenne absolue.


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  • Mike Brant, Claude François et Dalida ressuscitent grâce à une prouesse technologique. Ces artistes sont à nouveau sur scène grâce à des hologrammes.

    C'est une prouesse technologique. Elle nous ramène en 1975, au cœur d'un show télé avec les vedettes de l'époque. Claude François, Mike Brant, Sacha Distel et Dalida, quasiment ressuscités par des hologrammes. À une semaine de la première au palais des congrès, le créateur et producteur du spectacle "Hit-Parade" est un peu stressé. Car tout s'accélère à commencer par la livraison des hologrammes définitifs. Ils ont été conçus par une société spécialisée dans l'animation 3D.

    "On a fait de la sculpture virtuelle"

    "Ce ne sont pas des images d'archives qui ont été passées en hologramme pour le spectacle. On a dû reconstruire Claude François, modéliser son visage avec des outils informatiques. On a fait de la sculpture virtuelle pour obtenir le Claude François le plus ressemblant possible", explique Rodolphe Chabrier, président de la société Mac Guff. Un avatar en quelque sorte qu'il a fallu animer grâce une doublure bardée de capteurs, capables d'enregistrer les chorégraphies, mais aussi toutes les expressions faciales.


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